La nouvelle étude de l’ORC met en lumière les enjeux de la durabilité dans le milieu culturel romand
Cette recherche montre que les organisations culturelles romandes sont engagées dans ces réflexions, mais sont confrontées à de fortes contraintes en matière de ressources, de financement et d’infrastructures.
Les acteur·ices de la culture de Suisse romande partagent les préoccupations liées à la durabilité dans ses trois dimensions – écologique, économique et sociale – et montrent une forte volonté d’agir. Face à une offre importante en matière d’initiatives et de dispositifs, les professionnel·les de la culture peinent toutefois à identifier les outils les plus adaptés à leurs réalités, souvent disparates.
Pour mieux cerner ces enjeux, l’ORC a mené une recherche qualitative reposant sur sept études de cas, menées auprès d’organisations culturelles romandes aux profils très variés : une maison d’édition, un site patrimonial, un festival de musique, un théâtre, une salle de concert, un service culturel municipal et une société de production audiovisuelle.
Une forte sensibilité à la durabilité
Les résultats montrent que l’ensemble des structures rencontrées ont déjà entrepris des réflexions approfondies sur la durabilité et mis en place une série d’actions. Ces démarches se heurtent toutefois à un certain nombre d’entraves, telles que des budgets limités, des ressources humaines réduites, une forte dépendance aux subventions et des contraintes liées à leurs infrastructures.
Des tensions entre écologie, économie et social
Les études de cas, réalisées sous la forme d’ateliers, ont permis d’identifier cinq enjeux significatifs pour le secteur culturel : la mobilité des publics et des artistes, le recours aux circuits courts, les politiques tarifaires, la ligne artistique ou éditoriale, et le cadre institutionnel. Ces enjeux illustrent la nécessité d’opérer des arbitrages complexes entre impacts écologiques, viabilité économique et bénéfices sociaux.
L’un des principaux résultats de l’étude réside dans l’identification de tensions récurrentes entre les trois dimensions de la durabilité. Certaines mesures favorables aux dimensions écologique et sociale impliquent des coûts supplémentaires, qui peuvent fragiliser l’équilibre économique de structures déjà précaires. Par exemple, les circuits courts limitent l’impact carbone et renforcent l’ancrage territorial, mais peuvent engendrer des surcoûts. Par ailleurs, les déplacements des artistes et des publics génèrent une empreinte environnementale importante mais contribuent à la circulation des œuvres et des savoirs, à la diversité culturelle et à l’activité économique. L’étude confirme ainsi la nécessité d’opérer des arbitrages.
Un outil pour accompagner la réflexion
Pour aider les organisations culturelles à réfléchir à leurs pratiques, l’ORC a conçu une grille d’analyse simple d’utilisation. Cette grille, présentée sous la forme d’une matrice 3 x 3, croise les trois dimensions de la durabilité (écologique, économique et sociale) avec trois types de ressources (naturelles, matérielles et immatérielles).
Pour faciliter l’utilisation de cette matrice, l’ORC a développé une boîte à outils permettant d’aborder la durabilité de manière ludique. Celle-ci se présente sous la forme de 36 cartes comportant une série de questions à se poser pour stimuler la réflexion, identifier les actions déjà menées et prioriser les marges de manœuvre possibles.
Les cartes et la matrice peuvent être commandées gratuitement à l’adresse info@observatoire-culture.ch. Les documents sont également disponibles en format PDF sur le site de l’ORC.
