La population lausannoise est séduite par l’offre culturelle
La Ville de Lausanne a publié un monitoring des publics qui analyse les pratiques culturelles et leurs évolutions. Prix, information, habitudes, mobilité et sentiment de légitimité : autant de leviers pour penser l’accès à la culture.
Pour mieux comprendre l’évolution des pratiques culturelles, la Ville de Lausanne a mandaté en 2025 un nouveau monitoring auprès de 1’000 habitantes et habitants de Lausanne et des communes membres du Fonds intercommunal de soutien aux institutions culturelles de la région lausannoise. Il fait suite à l’étude menée en 2018 auprès de 3’300 personnes et permet de mesurer l’évolution des pratiques culturelles sur 6 ans. Comme en 2018, les données ont été analysées par le sociologue Olivier Moeschler, chercheur associé à l’Université de Lausanne (LACCUS – UNIL).
Une offre culturelle largement appréciée
L’image de l’offre culturelle lausannoise est très positive : près des trois quarts des personnes interrogées s’en déclarent satisfaites et lui attribuent une note moyenne de 7,4 sur 10. La diversité est la première qualité qui lui est associée. 75,9 % apprécient la variété de l’offre et 76,4 % jugent les horaires pratiques.
Une fréquentation en hausse
Cette appréciation se traduit également dans les pratiques. Les trois quarts de la population ont fréquenté l’offre culturelle subventionnée institutionnelle à Lausanne en 2025 (contre 70% en 2018), ce chiffre grimpant même à 83% avec les fêtes/festivals culturels (contre 78% en 2018). Les sorties culturelles à Lausanne ont bien repris après le Covid-19 : le public culturel en 2025 est plus grand qu’en 2018. Les festivals et manifestations constituent une importante porte d’entrée vers la culture grâce à leur caractère accessible, convivial et souvent gratuit, contribuant à l’élargissement de la participation.
Des freins qui restent à lever
Malgré cette dynamique positive, plusieurs obstacles persistent. Le prix du billet est le premier frein cité (54%), devant le coût global d’une sortie culturelle (45%) et le manque de temps (35%). D’autres facteurs, comme la fatigue, la garde d’enfants ou l’accès à l’information peuvent également peser sur la fréquentation. Ces freins varient selon les publics : le manque de temps est notamment davantage cité par les 15-29 ans.
Une dynamique positive à renforcer
Si le sentiment que « ce n’est pas pour moi » recule, la participation culturelle reste inégalement répartie : plus de la moitié de la population fréquente encore l’offre de manière sporadique ou inexistante. Les pratiques les plus régulières restent davantage le fait des personnes disposant de revenus et d’un niveau de formation plus élevés.
L’information constitue également un enjeu : près de 30% des personnes interrogées estiment qu’elle est difficile à trouver. Dans ce contexte, la communication, la médiation et les relais – famille, école, accueil de l’enfance (pré- et parascolaire), institutions culturelles, etc. – jouent un rôle essentiel pour favoriser la découverte et encourager de nouvelles pratiques, notamment auprès des enfants et des jeunes. Le prix et une offre plus large, ouverte et adaptée aux attentes sont les principaux leviers cités par les personnes souhaitant fréquenter davantage l’offre culturelle.
Ces résultats confortent la Ville dans sa politique en faveur de l’accès et de la participation culturelle. Ils constituent également un éclairage utile pour orienter les prochaines mesures et les futurs dispositifs de soutien, notamment en matière de tarification, médiation, information et accompagnement des publics.